L’impact du heat training pour l’entrainement Hyrox

Officiellement, c’est le lancement de ma vraie off-season.
Enfin… si tant est que ça veuille dire quelque chose. Parce que quand je regarde un peu autour de moi — les athlètes que je follow, ceux avec qui je m’entraîne, et même mes propres entraînements — j’ai un peu l’impression que personne ne s’est vraiment arrêté.

Alors est-ce que l’off-season est un mythe ? Peut-être.

Mais au fond, c’est pas le terme qui compte.
Ce qui compte, c’est l’état d’esprit. Et pour moi, cette période, elle sert à trois choses :

  1. Kiffer. Revenir à l’essence même du training Hyrox : le plaisir. Faire des blocs un peu freestyle, s’entraîner avec les potes, pas suivre une logique de perf millimétrée… juste prendre du plaisir.
  2. Écouter son corps. On sort d’une saison exigeante, donc c’est pas le moment de pousser comme des gorets. S’il faut faire une pause, on fait une pause. S’il faut adapter, on adapte. Objectif : zéro blessure. (Je l’écris même si je n’ai pas vraiment respecté cette règle cette semaine …)
  3. Tester (OUF season). C’est le moment parfait pour expérimenter, faire des choses qui peuvent sembler “folles” d’un point de vue logique sportive. Se poser, faire le bilan de la saison, et identifier les vraies zones de progression. Celles qui font mal, celles qu’on a négligées. Et ensuite, construire petit à petit autour des 4 gros blocs de recherche qui m’obsèdent toujours autant :
    Body Economy, Nutrition, Engine Builder et Mindset.

C’est reparti pour une nouvelle semaine d’exploration et d’apprentissages, avec un gros focus sur le heat training et cette satanée body economy.

Let’s goooo !

Sommaire

Cette semaine : Zéro programme. Zéro plan. Zéro structure.

Juste l’envie comme moteur. Et franchement… c’était trop bien.

Dimanche, par exemple, j’avais envie de courir. J’avais envie de tempo run. Donc j’ai couru, et j’ai “tempo-runné”. Bonne énergie, bonnes sensations. Et vu que ça suivait bien, j’ai ajouté des blocs de hill sprints — parce qu’il n’y a rien de mieux pour bosser puissance et foulée.

Petit point à noter : j’ai repris 3 à 4 kilos depuis Chicago. Je suis à 80 kg aujourd’hui (contre 76-77 en prépa Worlds). Et j’ai senti une vraie différence.

  • D’un côté, sur les blocs de force ou les sprints, je sens que je suis plus puissant.
  • De l’autre, malgré le poids, je ne sens pas de gêne particulier sur la mécanique (si ce n’est le pied gauche, bobo déjà présent avant Chicago). Le corps a clairement intégré les mécaniques du run, même autour des 80 kg.

Donc forcément, ça soulève une question :
Quel est le bon poids pour performer à l’Hyrox ?
Trop léger = perte de force ? Trop lourd = perte d’économie de course ?
Je n’ai pas encore la réponse, mais cette semaine m’a montré qu’en tout cas, le gain de puissance était réel, et que le corps peut s’adapter très vite au changement de poids. À suivre.

Que la force soit avec moi

Lundi, j’ai relancé un gros bloc de force à l’usine, exactement le même format que celui de la semaine dernière :
Push press – Deadlift – Front squat – Bench press. Simple, carré, efficace.

Et franchement, ça revient vite.
La semaine dernière, j’avais un peu galéré sur la reprise de la force.

Cette fois, les barres sont mieux passées, et j’ai eu besoin de beaucoup moins de repos.

La force pure n’est pas encore totalement revenue au niveau pré-Chicago, mais je ne me fais pas de souci. Je savais que ça reviendrait assez rapidement avec la reprise des charges et un peu de rigueur.

Ce qui est intéressant, c’est de voir à quel point les quelques kilos repris aident. Clairement, ce petit surplus de masse m’offre un meilleur levier mécanique. Les charges passent mieux, les mouvements sont plus puissants.

Me suis-je planté dans ma préparation, en séchant un peu trop ? Maybe ? Mais je me suis noté de conserver ce poids de 79-80kg jusqu’au prochain Hyrox, et voir comment le corps va réagir.

Mardi : l’enfer de Dante

37 degrés ? NO PROBLEM
37 degrés ? NO PROBLEM

Mardi, c’était retour sur les terres du Breakfast Club, au stade, avec Farid. Il faisait 37°C à 15h, donc conditions extrêmes. Mais justement, c’était parfait pour tester le corps en mode “compromised run” en pleine chaleur.

L’objectif de la séance :
👉 Explorer différentes manières de répartir l’effort entre le run et les stations.
On a enchaîné deux blocs :

  • Le premier en mettant l’accent sur les stations, avec un gros pace et des run en mode “recovery”,
  • Le deuxième à l’inverse : run à fond, et stations plus contrôlées, en mode “gestion énergétique”.

Ce genre d’exercice me permet de mieux comprendre mes limites, et surtout de répondre à une question cruciale :


Qu’est-ce que je gagne à ralentir volontairement sur le run ?


Est-ce que si je passe de 3’35 à 3’50/km, et que je récupère 10 BPM, je performe mieux sur les stations ?
👉 La réponse semble être oui (merci Einstein…). Ça semble évident, mais je ne m’appelle pas Thomas pour rien. Je ne crois que ce je vois …

Typiquement, on a fini le premier bloc sur 50 wallballs à 13 kilos, donc pour moi, un enfer.

Et pourtant, grâce au run un peu “pacé”, j’ai réussi à enchaîner 30-20 sans complètement exploser. Ça reste ultra dur, mais j’ai senti une vraie différence dans la gestion du souffle et de la tension musculaire.

Donc encore une fois, le message clé de cette off (OUF)-season, c’est :
tester, ajuster, observer.

À noter qu’il faisait 37 degrés (RIP les burpees sur le sol brulant), donc conditions “ideales” pour voir l’impact de la chaleur sur le corps (…what are you really made of MTHFCKR…)

J’y reviens plus bas hehe.

Advanced running le mercredi

Les allures qu’on devait tenir
La pratique quand tu mets un peu d’ego Masculin

Mercredi, rebelote sur du run, et là encore, c’est une séance que je n’aurais jamais casée en pleine saison après celle de mardi, trop risquée niveau “burnout”. Mais en off-season, on a ce luxe : tester, sans pression.


Et là, c’était avec la team Breakfast ClubNabil et Fernando – très très lourd sur le run, qui ont aussi fait podium.

On s’est sorti une pure séance de tempo run et de fractionné, en groupe, et franchement, s’entraîner à plusieurs, c’est un vrai hack.
Tu te mets dans le rouge, tu tiens juste parce que tu ne veux pas être le premier à lâcher.
Les trois derniers blocs étaient à fond, sous les 3’20/km, et le dernier 400m en 2’52/km – du sale.

Et justement, ce genre de séance m’a permis de tester pas mal de trucs :

  • Pas de chaussures carbone : je voulais voir si je pouvais rester solide, même sans ça. Bilan : oui.
  • Cadence stable à 180-182 pas/min, même sur du 3’20. Je me suis concentré sur la tenue de foulée, le souffle, et surtout éviter de partir en vrille et d’écraser ma foulée comme je le fais souvent à haute intensité.
  • Focus qualité de run : pas juste le chrono. Je sais que sous 3’35, c’est là que mon run commence à se dégrader.
    Je l’accepte. Mais maintenant, j’observe. Et je travaille à garder ma forme même dans le dur.

La bonne nouvelle, c’est qu’à 3’50, je suis en pilote automatique (#show_off_time).
Ça me donne des repères clairs : là où je peux économiser, là où je perds trop. Et c’est ça le vrai taf de “body economy” :


➡️ trouver ton seuil “d’explosion” et travailler juste à la limite, pour que ton corps s’adapte. Je sais que dès que je passe les 3’35 pour le moment, j’en demande trop à mon corps, et c’est le début de la “pain cave”.

Jeudi – un peu de “GO MUSCU”

Jeudi, j’ai écouté mon corps. Après deux journées bien denses avec Farid et les amis du Breakfast Club, je sentais que les jambes avaient bien donné, mais j’avais quand même envie de bouger.

Pas question de rester totalement inactif, mais l’idée était de remettre un peu de douceur et de récupération dans le système.

Je suis donc allé à l’Usine pour une petite session de force très light, en me concentrant sur la qualité de l’exécution. Juste de quoi maintenir les automatismes, sans charge lourde ni volume élevé.

Ensuite, j’ai enchaîné avec 1h de vélo en zone 2, vraiment tranquille. Podcast dans les oreilles, peinard.

C’est exactement ce dont j’avais besoin. Pas de pression, pas de performance, juste de l’entraînement intelligent, celui qui fait du bien au corps et à la tête.

C’était aussi le bon moment pour expérimenter le combo : Casquette trempée + Sauna (more on this later), et de passer encore une fois pour l’idiot du village hehe.

Vendredi – Journée Yes Man / 34 km plus tard…

Bon… vendredi, c’est parti un peu en freestyle. C’est la journée Yes Man par excellence.

À midi, Sarah me dit qu’elle va courir avec Alizé. Évidemment, j’embarque. Direction les quais pour un beau 8 kilomètres, avec une allure tempo très fluide. Et surtout, toujours le plaisir de ces moments d’entraînement partagé. C’est ça aussi la off-season : pas de programme, à l’envie.

Et le soir, deuxième round. Compromised Running by Hugo Joud.

Team du Compromised Running

Trois blocs de 17 minutes chacun, très inspirés des formats Hyrox, avec enchaînements de run + stations.


Matériel complet : sleds, burpees, wallballs. Tout y passe. L’idée, c’était de tester encore une fois l’enchaienement course et stations, et biensur les relances (#jameskelly).

Pour le coup j’avais beaucoup d’énergie (j’étais à jeûn, mais çà, je développerai ce point dans de futurs épisodes…), et j’avais envie de faire “full blast” sur les blocs.

Très content des allures tenus et des relances sous compromised. Je vous le dis, ya un trucs avec ces histoires de bloc à “jeûn”, j’ai vraiment l’impression que le corps ne génère aucun acide lactique.

Je commence à m’y habituer, j’y reviendrai dès que j’ai quelque chose de vraiment concret à vous partager.

Sauf que voilà… quand tu tapes 33 km dans la journée, avec des blocs en zone 4-5, ça pique. Et ça, je l’ai bien senti le lendemain.

Samedi – Freinage et recentrage

Le lendemain matin, plus difficile pour le coup haha. Les jambes un peu en compote, et surtout une petite fatigue mentale.

Celle qui te dit : « Hé, calme-toi un peu. »


Initialement, j’étais censé retrouver Farid pour un training au stade. Mais là, honnêtement, je savais que ce serait trop, voire contre-productif.

J’ai donc flake pour une fois. Pas pour fuir l’effort, mais par lucidité.

Parce qu’à ce moment-là, j’ai compris que repartir pour un gros bloc aurait été une erreur source de blessure.

Donc comme prévu : on avance au feeling et au ressenti du jour.

À la place, je suis retourné à l’Usine pour une session centrée sur le dos (tirages, rowing, gainage) – propre, sans excès – suivie comme d’habitude d’une heure de vélo très cool en zone 2. L’objectif : active recovery.

Zéro jour off ? Thomas tu forces pas un peu ?

Bon, soyons honnêtes deux secondes. Depuis que je suis revenu de Chicago, j’ai littéralement pas pris un seul jour off.
Et ça me fait doucement marrer quand je vois tout le monde parler d’off-season, de deload, de « phase de récupération structurée », etc.
Parce que la vérité, c’est que je n’ai juste pas envie d’arrêter de m’entraîner.

C’est simple :

  • J’adore ça.
  • Je m’éclate.
  • Et à l’inverse, je redoute un peu ce que mon corps deviendrait si je stoppais net pendant 48h.

Je fais partie de la team “pas de repos complet”. Et notamment en Hyrox, je trouve que :

Dès que tu t’arrêtes un ou deux jours, ton corps devient flake – littéralement. Tu perds ton feeling, ta caisse, ton rythme.

Donc pour l’instant, aucun vrai “rest day” planifié. Mon seul garde-fou, c’est l’écoute du corps.
Pas de fatigue nerveuse ? Pas de douleur ? Alors feu. Juste l’envie pour guider le programme du jour.

Je sais que je vais à contre-courant de tout ce que la science dit sur la récupération.
Et peut-être que je me plante.

Mais le but de cette newsletter, c’est pas de faire le malin
C’est de partager ce que je vis réellement. Ce qui marche. Ce qui ne marche pas. Et mes erreurs éventuelles.

Donc si vous me voyez cramer dans trois semaines, vous saurez pourquoi 😅
Mais pour l’instant, je kiffe. Et c’est ça qui prime.

Le Focus de la semaine : le HEAT TRAINING

C’est un secret de polichinelle, mais durant un Hyrox, ton corps devient une vraie fournaise au bout de 25-30 minutes.

et comme l’explique très bien Rich Diaz, un des coach de Hunter Mcintyre :

Body Core temperature is the principal cause of fatigue in Hyrox Fitness Competitions.

Alors j’ai décidé de vérifier ça sur mes propres données, et le score est sans appel.

3’31 sur un bloc de tempo run (167 de BPM)
3’31 sur un bloc de tempo run (167 de BPM)
3’36 sous 37 degrés (171 bpm) avec davantage de repos entre les blocs
3’36 sous 37 degrés (171 bpm) avec davantage de repos entre les blocs

Quand je vois que sur la session de mardi (37 degrés) en compromised ou le run est censé être “en controle” et que je monte à 171 BPM en un rien de temps sur une allure 3’36.

Et que de l’autre côté, sur les tempos run de mercredi, de fin de journée ou il faisait “bon”, que je suis stable autour de 167-168 BPM à 3’31.

On comprend vite l’impact de la chaleur sur le corps, et pourquoi ce dernier est “LE” facteur limitant de l’Hyrox.

Alors j’ai fait le travail pour vous les amis. Voici concrètement ce qu’il se passe dans notre corps, quand notre température augmente “to the roof” !

Quand la température du corps augmente : que se passe-t-il vraiment ?

https://www.youtube-nocookie.com/embed/VXru5-a9Nco?rel=0&autoplay=0&showinfo=0&enablejsapi=0

Lors d’un effort intense, ton corps produit énormément de chaleur. En condition « normale », il parvient à la réguler. Mais quand il fait très chaud ou que tu t’entraînes en plein cagnard comme on a fait mardi avec Farid, la machine commence à surchauffer. Voici ce qui se passe concrètement, étape par étape :

🧠 Le cerveau tire la sonnette d’alarme (dès 38,5–39°C)

Ton hypothalamus (le centre de régulation thermique dans le cerveau) surveille en permanence la température corporelle.

Dès qu’elle dépasse ~38,5°C, il commence à activer les mécanismes de refroidissement.

Activation des mécanismes de refroidissement (38,5–39°C)

Dès cette phase :

  • Vasodilatation cutanée → les vaisseaux sanguins à la surface de la peau s’élargissent pour évacuer plus de chaleur (d’où le rougissement de la peau).
  • Transpiration activée → la sueur s’évapore, ce qui permet d’extraire la chaleur.
  • Redistribution du débit sanguin → le sang est dirigé prioritairement vers la peau plutôt que les muscles profonds.

Mais ça a un coût physiologique :

  • Moins de sang dispo pour les muscles → moins d’oxygène, moins de nutriments, plus de fatigue.
  • Moins de sang dispo pour le cerveau → perte de concentration, étourdissements, baisse de lucidité.

🔒 Déclenchement du frein central neurologique (vers 39–40°C)

Si malgré tout la température continue de grimper, le cerveau passe à la sécurité renforcée. Il met en place ce que les physiologistes appellent le :

« Central Governor » model (Tim Noakes)

Autrement dit, le cerveau réduit volontairement les signaux moteurs envoyés vers les muscles via la moelle épinière.

Concrètement :

Les signaux électriques envoyés du cerveau aux muscles sont ralentis ou atténués. Les muscles deviennent moins réactifs, moins explosifs, même si tu « veux » envoyer du lourd.

Enfin, tu ressens une sensation de fatigue brutale, perte de coordination, ou blocage mécanique (comme si le muscle refusait de coopérer).

Pourquoi ce blocage est volontaire ?

Parce que laisser le corps continuer à produire de la chaleur dans ces conditions serait potentiellement létal.

Ton système nerveux central (SNC) est hyper sensible à la température. Une température > 41°C peut causer des lésions irréversibles au cerveau.

Donc l’hypothalamus prend les devants :

  • Il « t’empêche » de continuer,
  • Il bride ta performance sans même que tu sois à bout musculairement,
  • Et il te pousse vers l’arrêt avant que ça devienne dangereux.

Ce que tu ressens en pratique :

Tu as l’impression de ne plus avoir de jus d’un coup, alors que le cardio allait bien jusque-là.

Tu n’arrives plus à faire des burpees, des thrusters, des wallballs… même avec du mental.

Tu respires fort, mais tu n’as plus de force : c’est une déconnexion cerveau-muscle.

💦 Transpiration massive = perte de plasma sanguin

Pour te refroidir, le corps active massivement la transpiration. Mais la sueur est prélevée dans le plasma sanguin, ce qui réduit le volume total de sang circulant.

Résultat :
→ Moins de sang pour les muscles
→ Moins d’oxygène transporté
→ Moins de sang pour le cerveau aussi = possible baisse de concentration ou flou cognitif.

Quand tu t’entraînes par 30–35°C, ton corps enclenche la thermorégulation par sudation (transpiration). Ce mécanisme est vital pour éviter la surchauffe, mais il a un coût physiologique majeur.

La sueur vient d’où exactement ?

Contrairement à ce qu’on pense parfois, la sueur n’est pas “magique” : elle est prélevée dans ton plasma sanguin – la partie liquide de ton sang.

Ce plasma est composé à 90 % d’eau, mais contient aussi :

  • des électrolytes (sodium, potassium, chlore…),
  • du glucose,
  • des acides aminés,
  • des hormones…

Quand tu transpires à gros débit (1 à 2 litres/heure), tu extrais littéralement le volume liquide de ton sang, goutte après goutte. Et plus la sudation dure, plus tu perds de plasma.

Conséquences directes de cette perte de plasma

C’est ici que les festivités commencent…

  • Tu as tout simplement moins de sang disponible et oxygéné pour venir alimenter tes muscles.

Moins de volume → moins de débit sanguin périphérique → moins d’oxygène délivré aux fibres musculaires.

Cela se traduit par une perte de puissance, une montée plus rapide de l’acide lactique, fatigue accélérée.

Voici pourquoi on galère tous aux WallBalls. Le corps est “à sec”

  • Le second effet “kiss kool” : Moins de sang pour le cerveau

C’est à ce moment que le mindset lache. Ton cerveau en a marre, et il te dit “stop gégé”.

Moins d’oxygène cérébral = flou mental, étourdissements, perte de lucidité. C’est la sensation d’être “présent mais ailleurs”, d’avoir la tête qui bourdonne ou de ne plus être 100% focus.

  • Cerise sur la gateau : plus de stress pour le cœur

Le cœur doit pomper plus vite pour compenser le volume réduit de sang → montée des BPM à effort constant.

C’est pour ça que ta fréquence cardiaque explose en chaleur même à allure modérée.

Schéma du cercle vicieux de la chaleur sur le corps

  1. Tu transpires pour te refroidir →
  2. Tu perds du plasma →
  3. Moins de débit sanguin →
  4. Moins d’oxygène / plus de fatigue →
  5. Le cœur accélère →
  6. Tu transpires encore plus →
  7. Et tu te retrouves en détresse énergétique, même si musculairement tu pourrais continuer.

Et ce n’est pas qu’une histoire d’eau !

Si tu remplaces uniquement l’eau sans électrolytes :

  • Tu dilues encore plus ton plasma,
  • Tu risques une hyponatrémie (manque de sodium dans le sang),
  • Ce qui aggrave encore les problèmes de fatigue, crampes, voire troubles cognitifs.

D’où l’importance en heat training :

  • de bien doser les électrolytes
  • et de savoir que la baisse de performance n’est pas mentale ou musculaire, mais liée à un mécanisme systémique.

En résumé :

Transpirer n’est pas anodin.

À chaque goutte, tu diminues le volume de ton sang.

Et si tu n’y prêtes pas attention, tu paies la note très vite : baisse de lucidité, montée de l’effort perçu, perte d’explosivité.

Pas à cause d’un manque de volonté, mais parce que ton corps tourne littéralement à vide.


❤️ Le cœur s’emballe (et le cardio explose)

  • Le cœur doit pomper plus vite pour compenser la baisse de volume sanguin (et pour faire circuler du sang vers la peau pour refroidir l’organisme).
  • C’est pour ça que le moindre effort fait grimper tes BPM bien plus vite qu’en conditions fraîches.
  • On parle de dérive cardiovasculaire : au bout de 20-30 minutes en chaleur, ton cœur bat plus vite à intensité égale.

Quand tu t’entraînes sous la chaleur, ton corps est obligé de s’adapter pour survivre. Et l’un des premiers à monter au front, c’est le système cardiovasculaire.

Pour te refroidir, ton corps détourne une partie du flux sanguin vers la peau. L’objectif : permettre l’évacuation de la chaleur interne par la transpiration et le rayonnement.

Problème :
Le volume de sang total a déjà diminué à cause de la sudation (la sueur étant prélevée dans le plasma sanguin), donc il reste moins de sang pour irriguer les muscles et le cerveau. Et en plus, il faut maintenant en envoyer une partie vers la peau pour refroidir le corps.

Résultat :
Le cœur doit travailler plus vite et plus fort pour maintenir un débit sanguin suffisant vers tous les organes vitaux. Il augmente la fréquence cardiaque (tes BPM), même si l’effort reste identique.

C’est ce qu’on appelle la dérive cardiovasculaire :

À intensité constante, ta fréquence cardiaque dérive progressivement vers le haut au fil de la séance, surtout après 20 à 30 minutes en ambiance chaude.

Tu peux donc courir exactement à la même allure, mais ton cœur battra 10 à 20 BPM plus haut qu’en conditions fraîches. (Vérifié plus haut ✅)

En pratique :

  • Tu te retrouves plus vite dans des zones de cardio élevées (zone 4-5).
  • Ton ressenti d’effort (RPE) explose.
  • Tu perds en efficacité musculaire et mentale, car ton corps entre en mode survie thermique.

C’est pour ça que les séances sous la chaleur sont très spécifiques : elles mobilisent autant le cœur que le mental, et t’apprennent à gérer ton effort pour ne pas imploser.

🧬 Ton métabolisme tourne au ralenti

  • L’accumulation de chaleur inhibe la production d’énergie par les mitochondries (les centrales énergétiques de tes cellules).
  • Tu utilises plus rapidement tes réserves de glycogène.
  • Tu as moins d’énergie disponible pour les contractions musculaires explosives.
  • Et parfois, ton cerveau réduit la motricité volontaire → tu « bloques » sur certains mouvements (comme des wallballs ou des burpees qui deviennent mécaniquement impossibles à enchaîner).

Comment le corps s’adapte progressivement à ce stress thermique (heat training)

L’exposition régulière à la chaleur déclenche une série d’adaptations physiologiques. Ton corps devient progressivement plus efficace pour tolérer et gérer l’effort en conditions chaudes. Ces adaptations commencent dès les 4 à 5 premiers jours d’exposition, et se renforcent sur 10 à 14 jours.

Voici les principales adaptations :

1. Augmentation du volume de plasma sanguin

Ton corps produit davantage de plasma (la partie liquide du sang). Résultat :

  • Meilleure régulation thermique
  • Moins de chute de pression artérielle
  • Meilleure perfusion des muscles

2. Diminution du seuil de déclenchement de la sudation

Tu commences à transpirer plus tôt et plus efficacement :

  • Ton corps se refroidit plus vite
  • Tu limites la surchauffe interne dès les premiers efforts

3. Amélioration de la distribution du flux sanguin

Le système cardiovasculaire devient plus efficace :

  • Moins de dérive cardiaque
  • Meilleure oxygénation musculaire malgré la chaleur

4. Réduction de la perception de l’effort

Ton cerveau panique moins vite face à la chaleur. Tu développes une tolérance mentale au stress thermique. En clair : tu tiens plus longtemps sans imploser.

Quelles sont les stratégies concrètes pour s’y préparer ?

Ce n’est pas pour rien si parfois vous voyez des athlètes sur Instagram courir en doudoune par 30 degrés.

https://www.youtube-nocookie.com/embed/Wus9XY5e05c?rel=0&autoplay=0&showinfo=0&enablejsapi=0

Voici les stratégies d’acclimatation active à la chaleur utilisées par les athlètes d’endurance et les spécialistes de l’Hyrox :

1. Inclure des séances “chaudes”

  • Soit en extérieur à des heures chaudes (13h–16h)
  • Soit en intérieur sans ventilation, avec des vêtements longs

Objectif : s’habituer à gérer son effort quand les BPM s’emballent

2. Limiter le refroidissement post-séance

  • Attendre 20–30 minutes avant la douche froide
  • Objectif : laisser le corps « intégrer » le stress thermique pour renforcer l’adaptation

3. S’hydrater intelligemment

  • Eau + électrolytes (Na+, K+, Mg2+)
  • Anticiper les pertes (ne pas attendre d’avoir soif)

Comment le refroidissement ciblé (mains, tête) améliore réellement tes perfs

C’est ici que je vous partage la masterclass d’Andrew Huberman sur la chaleur et sont effet sur le corps humain.

https://www.youtube-nocookie.com/embed/EQ3GjpGq5Y8?start=13s&rel=0&autoplay=0&showinfo=0&enablejsapi=0

Le refroidissement ciblé (aussi appelé « cooling ») est une des tactiques les plus sous-estimées à mon sens pour “performer” à l’hyrox.

Les mains : le radiateur caché

La paume des mains contient des réseaux vasculaires spécifiques (les « AVAs ») qui permettent de refroidir très vite le sang lorsqu’elles sont exposées à du froid (eau, glace, surface métallique).

Refroidir les mains entre deux efforts (ou avant une course) permet :

  • De ralentir la montée en température centrale
  • De maintenir une fréquence cardiaque plus basse
  • D’améliorer l’endurance musculaire

Étude : un simple contact avec une bouteille glacée entre les séries de tractions augmente de 30 à 50% la performance cumulative.

La tête et la nuque : le centre de contrôle

Le cerveau est extrêmement sensible à la chaleur. Trop chaud = baisse de vigilance, ralentissement moteur, perte de lucidité.

Refroidir la tête ou la nuque (eau froide, serviette humide, bandeau froid) :

  • Réduit le stress perçu
  • Améliore la prise de décision
  • Retarde la sensation de fatigue

Qu’est-ce que je compte faire de tout ça ?

1. Reprogrammer le mindset

Déjà, comprendre que la chaleur, c’est normal.
C’est normal que la fin d’un Hyrox soit un enfer.
C’est normal que ton cerveau crie “arrête-toi”.


Mais maintenant que j’en sais un peu sur mes “exploits” aux Wallbals 🤣🤣, je vais bosser là-dessus comme un vrai bloc mental :

  • Apprendre à accepter cette montée thermique comme une composante du sport.
  • Continuer à m’exposer à l’inconfort (merci les saunas bien étouffants de l’Usine), et repousser le moment du shutdown mental.
  • Par exemple, tenir 30 secondes ou une minute de plus dans le sauna. Juste pour apprendre à “vivre avec la chaleur”.

2. Continuer l’adaptation thermique

On est en pleine canicule ? Parfait.
Plutôt que de me planquer dans une salle climatisée, je vais continuer à m’entraîner en plein cagnard, volontairement.
Pas pour le kiff, mais pour entraîner mon corps à fonctionner quand il est en surchauffe.

Et toujours dans une logique d’apprentissage, pas de perf.
Je cours, je respire, je regarde mes BPM.
Je transpire, je vois comment je récupère.
Je cherche des patterns.

3. Auto-refroidissement post-séance

Autre réflexe que je garde :
→ 30 minutes de vélo tranquille après la séance, en zone 1, pour laisser la température corporelle redescendre progressivement.
Avant la douche, avant le repos.
Juste un moment pour que le corps se rééquilibre.

4. Le plan pour le jour J

Le jour de l’Hyrix pas de place au hasard.

Voici ce que je vais tester :

  • Refroidissement pré-course : mains froides, tête mouillée, nuque humidifiée.
  • Casquette trempée (style Roncevic), voire carrément le bandeau de refroidissement à la Jake Dearden.
  • Hydratation + électrolytes, dès la veille et juste avant la course.
  • Et probablement une gestion de course un peu différente : si je peux baisser les BPM de 5-10 battements au run, je survis mieux aux wallballs. C’est peut-être ça, le vrai cheat code.

Et après ?

Franchement, je ne peux pas tout tester à l’entraînement.
Il y a des choses que je vais volontairement tester en conditions réelles, sur des Hyrox “off-season” (oui oui).


J’ai Bordeaux en Open, Paris et Stuttgart en Open & Pro.
L’idée, ce n’est pas d’aller chercher un PR, c’est d’aller chercher de l’info, et de l’expérience de course.

5 courses au total entre octobre et novembre : 2 PRO / 3 OPEN pour tester masse de trucs, faire les erreurs qu’il faut et apprendre.

Je reviendrai bien évidemment sur mes stratégies sur chaque course, et ce que je compte y tester dans de futurs épisodes.


Ceci pour vous partager tout ce qui a marché, et ce qui n’a pas marché.

Parce qu’au final, c’est dans les erreurs qu’on construit la meilleure version de sa course.

Ça vous a plu ? Partagez, likez commentez !

On se retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode. On parlera certainement “Technique de run” OU “nutrition”, à voir selon mes apprentissages de la semaine 🙂

Stay tuned les amis !

Améliore ton temps sur ton prochain hyrox